En France, le mot libéralisme était imprononçable, alors on en a trouvé un autre, Europe. (Alain Touraine) (1)
« Le monétarisme, qui empêche les gouvernements de financer leurs dépenses en ayant recours à la planche à billets, et la baisse des impôts, qui oblige les Etats à réduire la voilure de leurs interventions, vont constituer les armes principales de cette contre-offensive intellectuelle. « Empêcher » et « obliger » ne sont pas des verbes anodins : les néolibéraux n’ont aucune confiance dans la capacité des partis traditionnels, à plus forte raison des fonctionnaires en place, d’interrompre la spirale qu’ils redoutent. Il s’agit donc bien de les obliger à intervenir ; et l’ensemble des politiques menées depuis les années 80 au nom de la « liberté » ont comporté leur lot de mesures coercitives. Au plan monétaire, c’est l’indépendance des banques centrales et, en Europe, la destruction des monnaies nationales. Au plan budgétaire, les critères de convergence qui menacent de lourdes pénalités financières les pays de l’Union européenne dont la politique de dépenses publiques serait jugée trop accommodante. Au plan commercial et industriel, ce sont les « rounds » d’ouverture des frontières nés de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) de 1947, la politique de la concurrence qui, sous astreinte d’amendes du GATT puis de l’OMC, mais aussi de la Commission de Bruxelles, interdit le contrôle des importations, les aides à l’exportation, le soutien de l’activité d’une entreprise en difficulté. Toute cette fabrication d’impuissance a exigé un travail acharné, une machinerie à la fois idéologique, politique, juridique et constitutionnelle. »
Serge Halimi, « Le grand bon en arrière », fayard, 2006, p. 216.
(1) cité p. 400.
mardi 29 janvier 2008
Le marché s’installe partout
« Dans la compétition les opposant aux libéraux, les contestataires cumulent les handicaps. Un « troupeau électronique » d’investisseurs contourne le pouvoir des Etats. L’alternance politique détermine l’amplitude de la pente d’une même ligne. Le marché s’installe, y compris dans nos cerveaux, obligés de comparer en permanence les prix et les services : hier les forfaits de téléphones portables, demain les abonnements aux gaz, comme si notre intelligence du monde devait être absorbée par un buvard permanent de consommation permettant de rendre plus naturelle la transformation de l’univers en marchandise. Et puis il y a les écoles que l’on met en concurrence pour pouvoir orienter dès le plus jeune âge ses enfants vers les meilleurs lycées, qui eux-mêmes préparent aux meilleures universités. Sans oublier les hôpitaux, les villes, les régions que l’on classe pour apprendre comment échapper au destin perdant de qui ne privilégie pas à chaque instant son salut individuel. Diversions, palmarès, consommation, narcissisme : chaque fois la presse est là, comme elle était déjà aux fourneaux pour casser les syndicats, chanter « les réformes », héroïser les riches. »
Serge Halimi, « Le grand bon en arrière », fayard, 2006, p. 583-584.
Serge Halimi, « Le grand bon en arrière », fayard, 2006, p. 583-584.
jeudi 24 janvier 2008
"Le principe de Peter", Poche
Ce bouquin a beau dater de 1969, il n'a pas pris une ride. Il constitue toujours une excellente introduction à la « hiérarchologie », la science qui étudie la diffusion de l'incompétence dans une hiérarchie. L'énoncé du principe de Peter est simple : « Tout employé tend à s’élever à son niveau d'incompétence »… et à s’y maintenir ! Le corollaire de Peter précise en toute logique, qu’ « avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d’en assumer la responsabilité ».A la lumière de ce principe, vous ne verrez plus votre chef de service ou vos collègues de bureau de la même manière. Vous serez désormais à même de repérer du premier coup d’œil l’employé victime du syndrome du dernier poste et vous découvrirez peut-être les joies de l’incompétence créatrice, seule garante de l’épanouissement au travail. Véritable guide de survie en milieu hiérarchique, j’en conseille la lecture à tous, que vous travailliez en entreprise ou dans l’administration. Vous comprendrez pourquoi votre chef, un incompétent notoire, a pu s’élever aussi haut dans la hiérarchie de votre boîte. Ainsi parviendrez-vous peut-être à éviter l’ultime promotion qui vous élèvera fatalement à votre tour, à votre niveau d’incompétence…
mardi 22 janvier 2008
L'Utopie libérale
« Nous devons être en mesure de proposer un nouveau programme libéral qui fasse appel à l’imagination. Nous devons à nouveau faire de la construction d’une société libre une aventure intellectuelle, un acte de courage. Ce dont nous manquons, c’est une Utopie libérale, un programme qui ne serait ni une simple défense de l’ordre établi, ni une sorte de socialisme dilué. Mais un véritable radicalisme libéral qui n’épargne pas les susceptibilités des puissants (syndicats compris), qui ne soit pas trop sèchement pratique, et qui ne se confine pas à ce qui semble politiquement possible aujourd’hui. Nous avons besoins de leaders intellectuels, prêts à résister aux séductions du pouvoir et de la popularité, et qui soient prêts à travailler pour un idéal, quand bien même ses chances de réalisation seraient maigres. Ils doivent avoir des principes chevillés au corps, et se battre pour leur avènement même s’il semble lointain. Les négociations politiques : qu’ils les laissent aux hommes politiques ! Le libre-échange et la liberté d’entreprendre sont des idéaux qui peuvent encore éveiller l’imagination des foules. Mais un simple « libre-échange modéré » ou un « assouplissement des réglementations » ne sont ni respectables intellectuellement, ni susceptibles d’inspirer le moindre enthousiasme. La principale leçon qu’un libéral conséquent doit tirer du succès des socialistes est que c’est leur courage d’être utopiques qui leur a valu l’approbation des intellectuels ainsi que leur influence sur l’opinion publique, qui rend chaque jour possible ce qui, récemment encore, semblait irréalisable. Ceux qui se sont souciés exclusivement de ce qui semblait réalisable dans tel état de l’opinion se sont constamment rendu compte que tous leurs projets devenaient politiquement impossibles en raison de l’évolution d’une opinion publique qu’ils n’avaient rien fait pour guider. (…) Si nous retrouvons cette foi dans le pouvoir des idées qui fut la force du libéralisme dans sa grande époque, la bataille n’est pas perdue. »
Friedrich Hayek (fondateur de la Société du Mont Pèlerin), 1949
cité in Serge Halimi, « Le grand bon en arrière », fayard, 2006, p. 586.
Friedrich Hayek (fondateur de la Société du Mont Pèlerin), 1949
cité in Serge Halimi, « Le grand bon en arrière », fayard, 2006, p. 586.
dimanche 20 janvier 2008
Une époque formidable
« L’usine, nous dit-on, doit dégager un profit, faute de quoi les actionnaires protesteront. Houspillé par son conseil d’administration, le patron va alors morigéner le contremaître, qui se retournera contre ses ouvriers. Il est long, ce fouet dont l’extrémité strie le dos des enfants. Doit-on encore s’étonner que les actions des usines de coton rapportent 25%, 35%, voire 50% par an ? Oui, mes maîtres, cela paie de moudre le dos des petits en poudre de dividende. « Enlevez-nous le travail des enfants et nous irons ailleurs » est la menace habituelle des propriétaires d’usine et de leurs lobbyistes dans les couloirs des parlements. Et, hélas ! nous vivons dans une civilisation où ce genre de chantage porte. »
Edwin Markham (1) , « The hoe-man in the making », Cosmopolitan, septembre 1906, cité in Serge Halimi, Le grand bond en arrière, fayard, 2006, p. 390.
(1) Edwin Markham était maître d’école, poète et journaliste.
Edwin Markham (1) , « The hoe-man in the making », Cosmopolitan, septembre 1906, cité in Serge Halimi, Le grand bond en arrière, fayard, 2006, p. 390.
(1) Edwin Markham était maître d’école, poète et journaliste.
lundi 3 décembre 2007
Pourquoi je suis de gauche
Puisque l'heure est à l'idolâtrie sarkozyste, blairiste, merkelienne voire bushiste (!), j'ai eu envie de faire un rapide plaidoyer en faveur des valeurs de la Gauche (qu'on a tendance à oublier ces temps-ci) en les comparant avec celles de la Droite (mais aussi d'une certaine "gauche") libérale. Les différences parlent d'elles-mêmes.
Les impôts (sur le revenu, la fortune, les successions). Pour la droite, ils sont confiscatoires. Pour la gauche, redistributeurs.
Les marchés. Pour la doite, ils doivent être libéralisés en toute circonstance. Pour la gauche, ils doivent être régulés.
L'Etat. Pour la droite, il est répressif et régalien (justice, police, armée). Pour la gauche, il est le garant de la solidarité nationale, protecteur et régulateur.
Les valeurs fondatrices. Pour la doite, ce sont les libertés au pluriel. Pour la gauche, la liberté (au singulier) bien sûr mais aussi le souci de l'égalité.
La TVA. Pour la doite, c'est l'impôt le plus juste. Pour la gauche, le plus inégalitaire.
Les services publics. Pour la doite, ils sont inefficaces par nature. Pour la gauche, ils sont essentiels car ils participent à la redistributions des richesses.
L'obession. Pour la doite, la rentabilité. Pour la gauche, la justice sociale.
Quelles conséquences tirer de ce rapide tour d'horizon ? Quand la doite est forte, on assiste à la concentration des richesses au sommet de la pyramide sociale avec à la clef une société très inégalitaire et le recul des classes moyennes (le sablier). En revanche, avec la gauche, la société se caractérise par l'importance justement des classes moyennes (le losange).
Au final, quelle société préférez-vous: celle du sablier ou celle du losange ? J'ai fait mon choix. Et vous ?
Les impôts (sur le revenu, la fortune, les successions). Pour la droite, ils sont confiscatoires. Pour la gauche, redistributeurs.
Les marchés. Pour la doite, ils doivent être libéralisés en toute circonstance. Pour la gauche, ils doivent être régulés.
L'Etat. Pour la droite, il est répressif et régalien (justice, police, armée). Pour la gauche, il est le garant de la solidarité nationale, protecteur et régulateur.
Les valeurs fondatrices. Pour la doite, ce sont les libertés au pluriel. Pour la gauche, la liberté (au singulier) bien sûr mais aussi le souci de l'égalité.
La TVA. Pour la doite, c'est l'impôt le plus juste. Pour la gauche, le plus inégalitaire.
Les services publics. Pour la doite, ils sont inefficaces par nature. Pour la gauche, ils sont essentiels car ils participent à la redistributions des richesses.
L'obession. Pour la doite, la rentabilité. Pour la gauche, la justice sociale.
Quelles conséquences tirer de ce rapide tour d'horizon ? Quand la doite est forte, on assiste à la concentration des richesses au sommet de la pyramide sociale avec à la clef une société très inégalitaire et le recul des classes moyennes (le sablier). En revanche, avec la gauche, la société se caractérise par l'importance justement des classes moyennes (le losange).
Au final, quelle société préférez-vous: celle du sablier ou celle du losange ? J'ai fait mon choix. Et vous ?
jeudi 18 octobre 2007
Se poser les bonnes questions
Aujourd’hui, journée de grève nationale. Ce sont principalement les cheminots qui bloquent le pays pour sauver ce qui peut l’être de leur régime de retraite. Comme les fonctionnaires en 2003 et comme beaucoup en 95 d’ailleurs... Mais la réforme est plus large puisqu’elle concerne plus d'une centaine de régimes spéciaux à l’exception sûrement de celui des parlementaires... Comme c’est compliqué, on livrera en pâture à l’opinion les cheminots et on s’appuiera sur leur cas particulier –par tous les médias interposés- pour démontrer le bien-fondé de la démarche générale. Le pire, c’est que cela fonctionne. Après les réformes du régime général et celle du régime des fonctionnaires, l’opinion considèrent dorénavant les bénéficiaires de régimes spéciaux comme des « privilégiés animés de revendications purement corporatistes ». Ce n’était pas le cas, il y a peu. Bref, l’opinion rabâche la presse. La messe est dite. Logique imparable, vous en conviendrez, puisqu’une fois que tout le monde a reculé, ceux qui résistent encore sont jalousés, enviés, montrés du doigt etc... C’est comme ça, on n'y peut rien, les foules aiment les boucs émissaires. Ce qu’on oublie dans l’histoire, c’est qu’une fois cette affaire réglée, on pourra remettre le couvert, puis s’attaquer de nouveau au régime général puis aux fonctionnaires et ainsi de suite car d'évidence, rien n'est réglé. En outre, le débat est biaisé depuis le début par des gouvernements qui prennent soin de tronçonner leurs réformes pour mieux invoquer l’équité par la suite. Ce qui empêche de se poser la bonne question. Au lieu de se demander pourquoi ILS travaillent moins, il faudrait plutôt se demander pourquoi NOUS travaillons plus. Quant à l’opinion, il faudrait lui enseigner tout le sens que le terme « privilégiés » revêtait pour les révolutionnaires de la nuit du 4 août. S’ils revenaient parmi nous, je doute qu’ils voient les « privilèges » où l’opinion les cherche aujourd’hui. Enfin peu importe, trente années de pensée unique sont passées par là. Ce n’est pas moi qui vais réussir à ébranler les convictions du mouton heureux de se faire tondre.
J’espère que cette mobilisation sera un succès malgré l’annonce du divorce des Sarkozy qui ne manquera pas d’éclipser les manifestants venus battre le pavé -Remarquez, il nous avait promis la rupture, on l’a ! - Parce que j’en ai assez de ces politiques qui nous montent les uns contre les autres. Le « diviser pour mieux régner» a atteint un degré d’efficacité redoutable de nos jours. Les salariés du bas de l’échelle en sont réduits à se battre comme des chiffonniers parce qu’on leur fait croire qu’ils faut encore « faire des efforts » pour sauver notre « modèle social ». Non seulement c’est toujours aux mêmes que l’on demande des efforts (15 milliards de cadeaux fiscaux aux plus riches, dois-je le rappeler) mais surtout cela fait belle lurette que la fin de notre fameux modèle social est programmée et sa faillite minutieusement organisée. En matière de retraites, il est clair que le système par répartition sera bientôt remplacé par un système par capitalisation, bien plus lucratif pour les institutions financières.
Ce qui me désole, c’est que des efforts de ce type concernant TOUTE la société seraient tout à fait légitimes si notre pays s'était appauvri lors des dernières décennies. Or il n’en est rien. Etat endetté n'est pas synonyme de pays pauvre. Année après année, et quoi qu’on en dise, ce pays produit plus de richesses. La productivité bat des records. Combien de fois la France est-elle plus riche que dans les années 50 ? 2 fois, 4 fois plus riche ? Le solde de la croissance n’est-il pas largement positif par rapport à la situation d’il y a 60 ans ? Et ce pays ne pourrait plus se permettre de financer son système de retraite ou sa sécurité sociale ? Comment ne pas voir qu’au nom de la suppression des prétendus privilèges des salariés les mieux protégés, on veut accroître ceux des possédants ? Si la France a un problème, ce n’est pas celui du financement des retraites, c’est celui de la répartition des richesses. « Toujours moins aux salariés, toujours plus aux rentiers » devrait remplacer notre devise nationale, devenue indigne d’un pays comme la France.
Pour conclure, je laisse la parole à Denis Kessler, ancien vice-président du Medef, qui livre son analyse sur les réformes actuelles dans un article de Challenge daté du 4 octobre 2007 :
« Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...
A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »
Longue vie aux privilégiés ! Amen.
J’espère que cette mobilisation sera un succès malgré l’annonce du divorce des Sarkozy qui ne manquera pas d’éclipser les manifestants venus battre le pavé -Remarquez, il nous avait promis la rupture, on l’a ! - Parce que j’en ai assez de ces politiques qui nous montent les uns contre les autres. Le « diviser pour mieux régner» a atteint un degré d’efficacité redoutable de nos jours. Les salariés du bas de l’échelle en sont réduits à se battre comme des chiffonniers parce qu’on leur fait croire qu’ils faut encore « faire des efforts » pour sauver notre « modèle social ». Non seulement c’est toujours aux mêmes que l’on demande des efforts (15 milliards de cadeaux fiscaux aux plus riches, dois-je le rappeler) mais surtout cela fait belle lurette que la fin de notre fameux modèle social est programmée et sa faillite minutieusement organisée. En matière de retraites, il est clair que le système par répartition sera bientôt remplacé par un système par capitalisation, bien plus lucratif pour les institutions financières.
Ce qui me désole, c’est que des efforts de ce type concernant TOUTE la société seraient tout à fait légitimes si notre pays s'était appauvri lors des dernières décennies. Or il n’en est rien. Etat endetté n'est pas synonyme de pays pauvre. Année après année, et quoi qu’on en dise, ce pays produit plus de richesses. La productivité bat des records. Combien de fois la France est-elle plus riche que dans les années 50 ? 2 fois, 4 fois plus riche ? Le solde de la croissance n’est-il pas largement positif par rapport à la situation d’il y a 60 ans ? Et ce pays ne pourrait plus se permettre de financer son système de retraite ou sa sécurité sociale ? Comment ne pas voir qu’au nom de la suppression des prétendus privilèges des salariés les mieux protégés, on veut accroître ceux des possédants ? Si la France a un problème, ce n’est pas celui du financement des retraites, c’est celui de la répartition des richesses. « Toujours moins aux salariés, toujours plus aux rentiers » devrait remplacer notre devise nationale, devenue indigne d’un pays comme la France.
Pour conclure, je laisse la parole à Denis Kessler, ancien vice-président du Medef, qui livre son analyse sur les réformes actuelles dans un article de Challenge daté du 4 octobre 2007 :
« Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...
A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »
Longue vie aux privilégiés ! Amen.
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