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mardi 5 février 2008

Malaise dans la démocratie

« La démocratie, c'est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave. » Charles de Gaulle

Pour commencer, une petite devinette qui circule sur le Net :

« Le président A propose une nouvelle Constitution. Il la soumet au vote de son peuple.

Le président B propose aussi une Constitution. Dès qu'une partie du peuple a dit non, on cesse de voter. Un peu plus tard, la même Constitution est imposée. Sans vote. Qui est le démocrate ?
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Vous avez tout faux. Le premier président s'appelle Chavez, c'est donc un populiste et un dictateur. Le second s'appelle Sarkozy et l'Union Européenne, ce sont donc des démocrates. »

Poutine doit bien rigoler… Sa conception de la démocratie n’est pas si différente après tout. Honnêtement, je vois mal comment les Européens pourraient désormais lui faire la leçon.

Ainsi donc, le Traité de Lisbonne, la copie quasi-conforme du Traité constitutionnel européen, rejeté par les peuples Français et Néerlandais par referendum, est en passe d’être ratifié par tous les pays de l’Union, par voie parlementaire cette fois-ci (c’est plus prudent) sauf en Irlande. La France a révisé sa Constitution hier et le Parlement s’apprête à voter définitivement le texte. On dira ce qu’on voudra, mais en définitive c’est un mépris total de la souveraineté populaire. Il ne s’agit ni d’un « traité simplifié », ni d’un « mini-traité » comme annoncé par Nicolas Sarkozy, mais d’une vraie mascarade. Ce texte est même peut-être pire que le précédent. Voici ce qu’écrit Valéry Giscard d'Estaing dans un article du Monde :

« Dans le traité de Lisbonne, rédigé exclusivement à partir du projet de traité constitutionnel, les outils sont exactement les mêmes. Seul l'ordre a été changé dans la boîte à outils. La boîte, elle-même, a été redécorée, en utilisant un modèle ancien, qui comporte trois casiers dans lesquels il faut fouiller pour trouver ce que l'on cherche. (…)

Le texte des articles du traité constitutionnel est donc à peu près inchangé, mais il se trouve dispersé en amendements aux traités antérieurs, eux-mêmes réaménagés. On est évidemment loin de la simplification. Il suffit de consulter les tables des matières des trois traités pour le mesurer ! Quel est l'intérêt de cette subtile manoeuvre ? D'abord et avant tout d'échapper à la contrainte du recours au référendum, grâce à la dispersion des articles, et au renoncement au vocabulaire constitutionnel.

Mais c'est aussi, pour les institutions bruxelloises, une manière habile de reprendre la main, après l'ingérence des parlementaires et des hommes politiques, que représentaient à leurs yeux les travaux de la Convention européenne. Elles imposent ainsi le retour au langage qu'elles maîtrisent et aux procédures qu'elles privilégient, et font un pas de plus qui les éloigne des citoyens. »

Pour une fois, je suis d’accord avec VGE, l’Europe qu’on nous prépare va enthousiasmer les citoyens, c’est sûr…

Heureusement, il existe encore des hommes politiques courageux, capables de dénoncer cette dérive anti-démocratique :

« Si l'Europe reste la seule affaire des responsables politiques et économiques, sans devenir la grande affaire des peuples, reconnaissons que l'Europe sera, à plus ou moins brève échéance, vouée à l'échec.

Bien sûr, l'Europe doit être au service des peuples, chacun peut le comprendre. Mais l'Europe ne peut se construire sans les peuples, parce que l'Europe, c'est le partage consenti d'une souveraineté et la souveraineté, c'est le peuple. A chaque grande étape de l'intégration Européenne, il faut donc solliciter l'avis du peuple. Sinon, nous nous couperons du peuple.

Si nous croyons au projet Européen comme j'y crois, alors nous ne devons pas craindre la confrontation populaire.

Si nous n'expliquons pas, si nous ne convainquons pas, alors comment s'étonner du fossé qui risque de s'amplifier chaque jour davantage entre la communauté Européenne et la communauté Nationale ? »
Nicolas Sarkozy, le 9 mai 2004 au Conseil national de l'UMP à Aubervilliers.

Admirez sa force de conviction sur cette video !

Il est toujours triste de constater qu’en politique, tout le monde ment, tout le monde raconte n’importe quoi et que les textes européens qui s’accumulent depuis le traité de Maastricht ne cessent de restreindre les champs pour lesquels le peuple doit être consulté.

L’Europe est devenue folle, c’est une machine qu’il faut arrêter car elle menace la démocratie. Ceux qui croient encore que de ce traité sortira une Europe plus solidaire, plus sociale ou plus forte sur la scène internationale se trompent lourdement.

Avant d’imposer leurs choix ou leur vision du monde, les hommes politiques ont le devoir premier de défendre la démocratie et la souveraineté populaire. Au lieu de cela, nos députés et sénateurs réunis hier en Congrès à Versailles ont fait exactement l’inverse. Dès lors, ces gens ont cessé d’incarner la représentation nationale pour ne plus être que l’émanation de cette oligarchie européenne, dont le seul but est de garder le pouvoir. Quant à moi, plus jamais je ne voterai pour un de ces partis qu’on dit « de gouvernement ».

jeudi 18 octobre 2007

Se poser les bonnes questions

Aujourd’hui, journée de grève nationale. Ce sont principalement les cheminots qui bloquent le pays pour sauver ce qui peut l’être de leur régime de retraite. Comme les fonctionnaires en 2003 et comme beaucoup en 95 d’ailleurs... Mais la réforme est plus large puisqu’elle concerne plus d'une centaine de régimes spéciaux à l’exception sûrement de celui des parlementaires... Comme c’est compliqué, on livrera en pâture à l’opinion les cheminots et on s’appuiera sur leur cas particulier –par tous les médias interposés- pour démontrer le bien-fondé de la démarche générale. Le pire, c’est que cela fonctionne. Après les réformes du régime général et celle du régime des fonctionnaires, l’opinion considèrent dorénavant les bénéficiaires de régimes spéciaux comme des « privilégiés animés de revendications purement corporatistes ». Ce n’était pas le cas, il y a peu. Bref, l’opinion rabâche la presse. La messe est dite. Logique imparable, vous en conviendrez, puisqu’une fois que tout le monde a reculé, ceux qui résistent encore sont jalousés, enviés, montrés du doigt etc... C’est comme ça, on n'y peut rien, les foules aiment les boucs émissaires. Ce qu’on oublie dans l’histoire, c’est qu’une fois cette affaire réglée, on pourra remettre le couvert, puis s’attaquer de nouveau au régime général puis aux fonctionnaires et ainsi de suite car d'évidence, rien n'est réglé. En outre, le débat est biaisé depuis le début par des gouvernements qui prennent soin de tronçonner leurs réformes pour mieux invoquer l’équité par la suite. Ce qui empêche de se poser la bonne question. Au lieu de se demander pourquoi ILS travaillent moins, il faudrait plutôt se demander pourquoi NOUS travaillons plus. Quant à l’opinion, il faudrait lui enseigner tout le sens que le terme « privilégiés » revêtait pour les révolutionnaires de la nuit du 4 août. S’ils revenaient parmi nous, je doute qu’ils voient les « privilèges » où l’opinion les cherche aujourd’hui. Enfin peu importe, trente années de pensée unique sont passées par là. Ce n’est pas moi qui vais réussir à ébranler les convictions du mouton heureux de se faire tondre.

J’espère que cette mobilisation sera un succès malgré l’annonce du divorce des Sarkozy qui ne manquera pas d’éclipser les manifestants venus battre le pavé -Remarquez, il nous avait promis la rupture, on l’a ! - Parce que j’en ai assez de ces politiques qui nous montent les uns contre les autres. Le « diviser pour mieux régner» a atteint un degré d’efficacité redoutable de nos jours. Les salariés du bas de l’échelle en sont réduits à se battre comme des chiffonniers parce qu’on leur fait croire qu’ils faut encore « faire des efforts » pour sauver notre « modèle social ». Non seulement c’est toujours aux mêmes que l’on demande des efforts (15 milliards de cadeaux fiscaux aux plus riches, dois-je le rappeler) mais surtout cela fait belle lurette que la fin de notre fameux modèle social est programmée et sa faillite minutieusement organisée. En matière de retraites, il est clair que le système par répartition sera bientôt remplacé par un système par capitalisation, bien plus lucratif pour les institutions financières.

Ce qui me désole, c’est que des efforts de ce type concernant TOUTE la société seraient tout à fait légitimes si notre pays s'était appauvri lors des dernières décennies. Or il n’en est rien. Etat endetté n'est pas synonyme de pays pauvre. Année après année, et quoi qu’on en dise, ce pays produit plus de richesses. La productivité bat des records. Combien de fois la France est-elle plus riche que dans les années 50 ? 2 fois, 4 fois plus riche ? Le solde de la croissance n’est-il pas largement positif par rapport à la situation d’il y a 60 ans ? Et ce pays ne pourrait plus se permettre de financer son système de retraite ou sa sécurité sociale ? Comment ne pas voir qu’au nom de la suppression des prétendus privilèges des salariés les mieux protégés, on veut accroître ceux des possédants ? Si la France a un problème, ce n’est pas celui du financement des retraites, c’est celui de la répartition des richesses. « Toujours moins aux salariés, toujours plus aux rentiers » devrait remplacer notre devise nationale, devenue indigne d’un pays comme la France.

Pour conclure, je laisse la parole à Denis Kessler, ancien vice-président du Medef, qui livre son analyse sur les réformes actuelles dans un article de Challenge daté du 4 octobre 2007 :

« Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...

A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

Longue vie aux privilégiés ! Amen.

samedi 15 septembre 2007

Karcher, partenaire des journées du patrimoine

Cela fera sûrement plaisir au Président Sarkosy.
Pour ceux que le sujet intéresse, cliquez ici.




Merci Alain

samedi 23 juin 2007

"Arrêt sur images" arrêté

On vient de me supprimer une de mes émission favorite: "Arrêt sur images" diffusée le dimanche midi sur France 5. Autant vous dire que je ne suis pas content ! D'autant que cette suppression fut décidée dans des conditions assez troubles. Pour vous en convaincre, allez donc visionner l'interview très instructive de Daniel Schneidermann sur le blog de Reporters sans frontière. Pour commencer, le principal intéressé, le présentateur lui-même, a appris la nouvelle par la presse dans un article en ligne du Point qui avait bénéficié de "fuites" organisées par la direction de France 5. Mais pour le journaliste, la décision émane clairement des plus hautes instances du groupe France Télévision et donc de Patrick de Carolis. A ce niveau, les sphères du pouvoir sont toutes proches et on peut se demander si cette suppression ne revêt pas un caractère politique. Depuis un sujet consacré à Béatrice Schonberg, présentatrice du JT de France 2 et épouse du ministre Jean-Louis Borloo, et des conflits d'intérêt qui pourraient résulter de cette situation (on peut en dire autant de Christine Ockrent désormais), l'ambiance de travail s'était considérablement dégradée, aux dires de Schneidermann. En outre, les chroniqueurs d'ASI décortiquaient régulièrement les discours des hommes politiques et notamment ceux du candidat Sarkozy. Serait-il brusquement devenu inconvenant de s'intéresser de trop près aux techniques de communication de la nouvelle équipe en place ? Y a t-il eu des pressions politiques pour mettre fin à cette émission devenue un peu trop impertinente pour une droite désormais décomplexée ? Impossible à dire, preuves à l'appui en tout cas... Disons simplement que cette décision a été officiellement annoncée après le second tour des présidentielles, lundi dernier, juste après le résultat des élections législatives… Quoi qu'il en soit, c'est bien dommage de voir disparaître "la seule émission de critique de la télé à la télé" qui décodait chaque semaine le traitement de l'actualité par le petit écran. Elle était pourtant plus nécessaire que jamais alors que les patrons de chaines ressemblent de plus en plus à des clients du pouvoir.

Une tribune de soutien a été publiée dans Libération et de nombreux internautes se mobilisent à travers les blog, les sites de Libération, de Marianne-en-ligne ou d'Acrimed. Si comme moi, vous étiez fan de cette émission, vous pouvez signer la pétition de soutien en ligne. Déjà plus de 70 000 signatures en une semaine, il y a là de quoi réfléchir…

samedi 19 mai 2007

Charité bien ordonnée...

Selon le Figaro, il existe en France 128 régimes spéciaux, aussi bien publics que privés. Parmi ceux qui en bénéficient, on trouve les employés d'EDF-GDF, de la SNCF ou de la RATP dont on parle beaucoup mais aussi les employés de l'Opéra de Paris, de la Comédie Française ou les marins-pêcheurs… dont on parle peu.

Et puis, il y a les régimes spéciaux dont on ne parle pas du tout. Ce sont pourtant les plus généreux de France ! Je pense bien entendu aux régimes spéciaux de nos chers élus qui servent le pays avec tant de désintéressement.

Pour s’y retrouver, il convient de distinguer le régime des parlementaires (députés et sénateurs, députés européens) de celui des élus locaux (maire, conseiller régional…), en gardant bien à l'esprit que les deux dispositifs peuvent se cumuler.

I. Le régime de retraite des parlementaires

Un député cotise double pendant les 15 premières années de mandat. Ce qui veut dire que 15 ans à l'Assemblée = 30 ans de cotisations. En cas de non-réélection, il dispose également d'une confortable allocation de retour à l'emploi.

Depuis peu, le droit à pension est désormais ouvert à l'âge de 60 ans (55 ans auparavant) pour les députés. Il est susceptible d'être ramené à 55 ans pour les anciens députés qui acceptent un abattement temporaire. Selon mes informations, celui des sénateurs est toujours à 53 ans.

Les députés et sénateurs issus du privé peuvent percevoir en plus la retraite de leur profession d'origine au prorata des années effectuées moins le temps de leur mandat. Ceux de la Fonction Publique sont doublement avantagés, puisqu'ils continuent, eux, de cotiser en même temps dans leur corps d'origine.

II. Le régime de retraite des élus locaux

Les élus locaux (qui peuvent aussi être des parlementaires) bénéficient d'un régime de retraite obligatoire auquel peut s'ajouter un régime complémentaire par capitalisation. L'un comme l'autre sont très avantageux.

1 : Le régime de retraite obligatoire

Tous les élus locaux qui perçoivent une indemnité de fonction peuvent bénéficier du régime de retraite, qu’ils aient une activité professionnelle ou non. Les élus sont obligatoirement affiliés à l’Ircantec, organisme géré par la Caisse des dépôts.

Les cotisations comprennent deux parts : l’une à la charge de l’élu, l’autre (plus importante) à la charge de la collectivité.

2 : Le régime de retraite complémentaire

Tous les élus qui perçoivent une indemnité de fonction peuvent cotiser à ce régime de retraite complémentaire, à l’exception de ceux qui sont affiliés à l’assurance vieillesse du régime général de la sécurité sociale au titre de leur mandat électif.

Ce dispositif facultatif est un régime de capitalisation par rente financée pour moitié par la collectivité territoriale.

Du coup, l’élu double son épargne grâce à l’apport obligatoire de sa collectivité et peut se constituer une épargne retraite individuelle, cumulable avec tout autre régime de retraite, sans limite d’age. Pour 1 euros versé, 2 sont épargnés. Le plafond maximum des taux de cotisations est fixé à 8 % pour la collectivité et à 8 % pour l’élu.
Chaque élu dispose donc d’un compte d’épargne retraite individuel constitué de ses cotisations et de celles de sa collectivité, augmentées, chaque année, des intérêts produits par les placements.

La loi autorise la rétroactivité des cotisations, avec un versement équivalent de la collectivité.

En cas de cumul de fonctions électives, il est possible de cotiser pour chacun des mandats.

En cas d’interruption de leur mandat, les élus peuvent poursuivre à titre personnel, des versements sur leur compte individuel d’épargne.

Chaque adhérent à la possibilité de demander le bénéfice de son droit à rente, dès 55 ans, sans minoration, même s’il exerce encore un mandat électif.

Cerise sur le gâteau, il n’a pas l’obligation, en fin de mandat, de demander le service de sa rente. Il peut en effet différer la liquidation de celle-ci et maintenir son capital acquis sur son compte individuel, lequel continuera à produire, chaque année, des intérêts capitalisés. Son capital sera ainsi intégralement transmis à ses héritiers, sans droit de succession. Du Sarkozy avant l’heure.

III. Le jackpot du "cumul"

Elus locaux et salariés relevant de l'Ircantec (exerçant une activité dans la Fonction Publique sans être fonctionnaire) cotisent sous deux régimes différents. En conséquence, il est possible de percevoir une retraite de salarié tout en continuant à exercer un mandat électif et réciproquement.

Bien entendu, d'autres pensions de retraites avantageuses peuvent s'ajouter lorsque l'on a occupé de hautes fonctions dans l'Etat: parlementaire, secrétaire d'Etat, ministre ou Président par exemple. C'est ainsi que Jacques Chirac, toutes pensions confondues, part à la retraite en touchant dans les 30 000 euros par mois.

Enfin, les pensions de retraites peuvent s'ajouter aux traitements (imposables) et aux indemnités (non-imposables) déjà conséquents des différents mandats électifs. Ce qui permet à certains élus de percevoir des sommes indécentes, au titre de ces nombreux régimes spéciaux, alors que ce sont les premiers à s’indigner au nom de l'équité du traitement « avantageux » de certaines catégories de Français !

Une consolation tout de même: cet article devrait faire naître de nombreuses vocations citoyennes...

jeudi 10 mai 2007

Ekopédia, le wiki des techniques alternatives de vie

Ce n'est pas parce que Dominique Voynet a fait un score ridicule aux présidentielles qu'il faut enterrer l'écologie pour autant. J'en veux pour preuve ce nouveau venu dans l'univers wiki de la libre contribution. Ekopédia fourmille d'informations pour répondre aux défis écologiques du quotidien. Son interface est une copie conforme de celle de Wikipédia, la célèbre encyclopédie libre du net. L'internaute y trouvera un ensemble de fiches pratiques et d'articles de fond concernant tous les domaines de l'activité humaine (s'alimenter, se loger, se vêtir, se déplacer…). Au-delà de la prise de concience, elle apporte des solutions simples à mettre en œuvre pour nous aider à modifier nos comportements et favoriser l'émergence d'un mode de vie plus respectueux de l'environnement. Cette encyclopédie, d'initiation canadienne, est actuellement riche de plus de 1300 articles en français et vient de s'ouvrir à l'anglais et à l'espéranto. Et tout le monde peut apporter sa pierre à l'édifice…

http://fr.ekopedia.org/

jeudi 3 mai 2007

Avant qu'il ne soit trop tard...

Ségolène Royal n'a pas réussi hier à démonter le programme de M. Sarkozy. Elle n'est pas parvenue à pointer les risques qu'il faisait courir au pays. Elle n'a pas su mettre en lumière le véritable changement de nature de la société qu'il propose. Et pourtant, les arguments contre les propositions du candidat de l'UMP ne manquent pas !

Nicolas Sarkozy, lui, s'est contenté de dérouler tranquillement son argumentaire, simpliste et bien rodé, entendu mille fois sur tous les médias de France et de Navarre depuis 3 ans. Pour reprendre une métaphore chère à François Bayrou, il a continué à tracer son sillon en labourant les esprits avec l'assurance du favori. C'est le principal reproche que je fais à Ségolène Royal. Les démonstrations de Nicolas Sarkozy sont archi-connues. Comment se fait-il alors qu'elle n'ait jamais été en positon de mettre en difficulté son adversaire (à part sur le dossier du nucléaire) ? Pour une fois que Nicolas Sarkozy avait face à lui une contradictrice, on était en droit d'attendre mieux de la candidate socialiste, dont le discours flou et généraliste sur bien des points ne faisait pas mouche.

C'était particulièrement flagrant sur les questions économiques. Des thèmes cruciaux n'ont pas été traités de façon satisfaisante: les risques du contrat de travail unique, l'injustice de la TVA sociale, le choix du financement de la sécurité sociale (et le système de la franchise), la hausse évidente de la dette comme corollaire des baisses massives d'impôts, l'instauration du prêt hypothécaire rechargeable, le renforcement d'une classe de rentiers (bouclier fiscal, suppression de 95% des droits de succession, de l'ISF, baisse de l'impôt sur le revenu), l'organisation de la faillite des services publics (faute de réforme et de crédits)...

Nicolas Sarkozy s'est même payé le luxe d'atténuer son discours libéral en mettant en avant des propositions comme le retour à la préférence communautaire ou l'augmentation des taxes sur les importations, d'autant plus faciles à promettre que ce n'est pas lui qui en décidera.

J'attendais également une sortie de la candidate socialiste contre la mise en cause démagogique de l'esprit de mai 68 comme source de tous les maux de la société, contre le contournement de la carte scolaire (sous prétexte d'excellence) au profit des classes aisées, contre l'autonomie des établissements scolaires et la paupérisation de bon nombre de collèges et de lycées qui en résultera !

C'est pourquoi, j'encourage tous les indécis qui n'ont pas été convaincus par Mme Royal à visionner
ce film qui réfute point par point la réthorique sarkozyste. Il est long (66 minutes) mais a l'immense mérite d'éclairer l'électeur sur les conséquences probables auxquelles le choix de M. Sarkozy nous expose. Avant qu'il ne soit trop tard.

lundi 30 avril 2007

Vous avez dit "populiste" ? (suite)

Après le sujet d'hier sur le populisme, aujourd'hui, la preuve par l'exemple:

«Ce fut une campagne aux prises avec une crise morale comme la France n'en a peut-être jamais connu, sauf peut-être au temps de Jeanne d'Arc.»

«Les héritiers de Mai 68 avaient imposé l'idée que tout se valait, qu'il n'y avait donc désormais aucune différence entre le bien et le mal, aucune différence entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid. Ils avaient cherché à faire croire que l'élève valait le maître [...], que la victime comptait moins que le délinquant.»

«Il n'y avait plus de valeurs, plus de hiérarchie»

«Dans cette élection, il s'agit de savoir si l'héritage de Mai 68 doit être perpétué, ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes».

«Chers amis, il nous reste huit petits jours pour bâtir le pays le plus prospère au monde, pour rétablir le plein emploi et l'autorité ! J'ai besoin de vous pour être le candidat du peuple de France.»


C'était Nicolas Sarkozy, hier à Bercy.


Comment peut-on se laisser berner par un discours idéologique aussi tranché, réducteur et borné ? Comment peut-on oser affirmer que toutes les difficultés de la France tirent leur origine d'une soi-disante "crise morale" née de mai 68 ? Comment peut-on occulter à ce point les questions de fond et se croire dans le vrai ?

En juillet 2007, en Europe, on va libéraliser l'énergie. Que nous dit M. Sarkozy sur ce sujet, autrement plus pressant et déterminant pour l'avenir ?

source: Libération

dimanche 29 avril 2007

Vous avez dit "populiste" ?

Le blog politique et participatif "Betapolitique" propose une analyse que je trouve intéressante du nouveau visage que prend le populisme actuel et de ses possibles conséquences. Je tenais à le signaler pour que chacun en nourrisse sa réflexion.

En voici un court extrait:

Le populisme sarkozien, maladie infantile du libéralisme

jeudi 26 avril 2007

Le populisme qui contamine la vie politique aura eu pour effet paradoxal de générer une très forte participation électorale. Le populisme a pour effet principal d’ensevelir la question politique (c’est-à-dire le « que faire ? ») sous la problématique des « valeurs » (quelles sont les « vraies » valeurs ?). Le populisme exploite l’angoisse de déclassement, appelle à la préservation de certains privilèges et dissimule l’égoïsme de classe en le drapant de « valeurs éternelles ».

Le « rationnel » et « l’irrationnel » en politique.


Lorsque le « que faire ? » est au centre de l’action politique, la politique devient une sorte de « travail », c’est-à-dire une activité rationnelle qui ajuste des objectifs et des moyens (par exemple, pour relancer la croissance, il faut se déterminer entre une politique de l’offre, une politique de la demande ou un mixte des deux). Quand le politique devient cet « analogon » du travail, la question des « valeurs morales » est subsidiaire. Ce qui est primordial ce sont les compétences d’analyse, de concertation, de mobilisation, etc., qui permettent d’atteindre l’objectif fixé (relancer la croissance). Dans le monde du travail, la compétence prime sur les valeurs, ce que chacun de nous sait fort bien, puisque chacun de nous travaille quotidiennement, et sans encombre particulière, avec des collègues de travail qui sont loin de partager nos valeurs. L’objectif collectif (le travail) permet de transcender les éventuels clivages liés aux diverses « valeurs » de chacun.

Lire la suite

samedi 28 avril 2007

Le Darfour, c'est…

- 400 000 personnes massacrées en 4 ans
- 2 millions d'hommes, de femmes et d'enfants déplacés
- 225 000 réfugiés au Tchad
- 12 travailleurs humanitaires tués et 5 qui ont disparu
- 7 500 soldats africains déployés sur un territoire de 500 000 km2, presque aussi vaste que la France

C'est aussi,

- des bombardements aériens de populations civiles par le régime du président Al-Bachir
- des milices "janjawids" armées, logées et équipées par l'armée régulière soudanaise

Mais c'est surtout,

- l'enjeu du contrôle de l'Ouest et du Sud pétroliers par le pouvoir central de Khartoum
- l'ombre de la Chine, le premier fournisseur d'armes du Soudan, qui lui achète 65% de son or noir
- l'inefficacité de la force africaine qui ne peut que recenser les tueries
- l'hypocrisie des Américains et des Européens qui gesticulent au lieu d'agir

Le Darfour, c'est enfin un génocide qui ne dit pas son nom (le premier du 21ème siècle).

C'est le silence la communauté internationale.


Je salue le travail du collectif "Sauver le Darfour", qui tente de réveiller les conciences.

Source: Darfour, la chronique d’un « génocide ambigu » , le monde diplomatique, mars 2007


mercredi 25 avril 2007

Parole de candidat

Nos politiques ont malheureusement pris l'habitude de nous servir des salades, surtout en période électorale. En voici une belle:

"Si je suis élu, j'interdirai les golden-parachutes. Je veux mettre de la moralité dans le capitalisme français".

Qui est l'auteur de cette déclaration ? Arlette Laguiller ? Olivier Besancenot ? Non, c'est Nicolas Sarkozy
qui a réitéré cet engagement, ce soir dans "Face à la Une" sur TF1, alors qu'on l'interrogeait à propos des 8 millions d'euros "d'indemnités" versées à Noël Forgeard par EADS.

C'est Thierry Breton qui va être content...

lundi 23 avril 2007

Les 15 jours de Bayrou

Encore une fois, une élection nous a réservé son lot de surprises. Si les qualifiés sont ceux qu’on attendait, les scores, eux, sont édifiants.

Une participation exceptionnelle: 84%, du jamais vu depuis très longtemps. La percée de Bayrou, impressionnante. La dégringolade de Le Pen, inespérée. Le niveau atteint par Sarkozy, une performance.

Le résultat, plus qu’honorable, de Ségolène Royal est aussi une surprise, comme son corollaire l’effondrement très net de la gauche de la gauche qui perd ainsi sa capacité d’influence, le PS pouvant maintenant larguer les amarres pour s’arrimer au centre de l’échiquier politique.

Le vote utile a pleinement fonctionné pour le trio de tête. On n’imagine qu’il en sera de même au second tour.

A la lumière du scrutin, il est clair que le rapport de force est en faveur de la droite :

Sarkozy (31,18) + Villiers (2,23) + Le Pen (10,44) = 43,85%

Royal (25,87) + l’ensemble de la gauche = 36,44%

Le grand inconnu au second tour reste le report des voix de F. Bayrou (18,57%) et accessoirement de F. Nihous (1,15%).

Ce sont donc les électeurs UDF qui détiennent la clef du scrutin. En imaginant que F. Bayrou ait réussi son pari de constituer un centre véritablement indépendant et que ses sympathisants se partagent à part égale entre Royal et Sarkozy, ce dernier est assuré d’être élu le 6 mai.

Espérons pour lui que F. Bayrou saura savourer ces 15 jours qui font de lui l’arbitre de cette élection, avant que le vainqueur ne gouverne plus que pour son camp. Au final, les Français auront à choisir entre une gauche molle et une droite dure.

Quant à l’émergence d’un vrai parti du centre, F. Bayrou aura fort à faire pour confirmer son existence lors des législatives.

samedi 21 avril 2007

Présidentielles : enquête exclusive !

La publication de sondages est désormais interdite depuis minuit jusqu’à dimanche 20h00. En France en tout cas. L’institut IPSOS a d’ailleurs publié sa dernière enquête sur les intentions de vote au premier tour, hier à 23h55 (les petits malins).

Mais comme je ne peux résister au petit jeu des pronostics, voici en exclusivité planétaire, ma propre enquête fondée sur des observations ultra-fines des études d’opinion, couplées avec une méthode « maison » de pondération ultra-performante, dite « du doigt mouillé » sans oublier la consultation des astres et l’expertise de Paco Rabanne.

Ce qui nous donne, dans l’ordre :

Nicolas Sarkozy : 26%
Ségolène Royal : 22%

François Bayrou : 17,1% (je vous avais dit que c’était précis !)
Jean-Marie Le Pen : 16,9%

Olivier Besancenot : 4%
Frédéric Nihous : 3%
Arlette Laguiller : 2,5%
Dominique Voynet : 2%
Marie-G. Buffet : 2%
José Bové : 2%
Philippe de Villiers : 2%
Gérard Schivardi : 0,5%

Taux d’abstention : 25%

Qu’en pensez-vous ?

jeudi 12 avril 2007

Présidentielles: testez le comparotron !

Je tiens à saluer cette initiative citoyenne qui vise à clarifier les propositions de chacun. Le comparotron vous permet de comparer (comme son som l'indique) et de confronter les programmes de 8 des 12 candidats sur 13 thèmes (emploi, économie, sécurité, social, éducation, environnement, europe, société, immigration, institutions, culture, justice, étranger). Une fonctionnalité vous permet d'afficher uniquement les programmes qui vous intéressent. C'est relativement pratique même si on a un peu l'impression de consulter une page de test de téléviseurs sur darty.fr. N'hésitez pas à y faire un tour, sans perdre de vue quand même que les promesses n'engagent (souvent) que ceux qui les croient...

mercredi 4 avril 2007

François Bayrou et le "régime spécial des députés"

M. Bayrou serait-il déjà devenu un lecteur assidu d'"Un blog sur la planète" ? Merci à Fabien d'avoir signalé cet article du Figaro qui revient sur l'affaire dont je vous parlais dans mon billet du 1er avril. Je me réjouis qu'un grand quotidien relaye enfin cette information largement passée sous silence dans la presse généraliste. Que nos députés aient manqué à leur "devoir d'exemplarité" me semble, en effet, le moins que l'on puisse dire.

mardi 3 avril 2007

Faites le test !

La campagne présidentielle touche à sa fin. Il serait temps de savoir pour qui voter ! Pour les indécis ou les fainéants qui n'ont pas pris le temps d'y réfléchir ce petit test peut vous aider à y voir plus clair. Pour ma part, il paraît que je ressemble à François Bayrou ! Bigre... Comme quoi, rien n'est infaillible.

Plus sérieusement et en mémoire de Nicolas Hulot qui ne s'est finalement pas présenté, de Corinne Lepage qui s'est désistée et de Dominique Voynet qui a touché le fond de l'inaudibilité, cet autre test vous permettra de prendre conscience de l'empreinte écologique que vous laissez sur la planète. Si tout le monde consommait comme moi, il nous faudrait quand même les ressources de 2,06 Terres ! Ce n'est pourtant rien par rapport aux besoins d'un Américain moyen... ou d'un homme d'affaires ! Je vous laisse imaginer l'angoisse avec la Chine et l'Inde qui arrivent !
Car la cause écologique mérite mieux que des candidats fantômes. Ce n'est pas Al Gore qui me contredira. Et vous dans tout ça ?

lundi 2 avril 2007

Indemnités des députés sortants (suite)

Ce n'est pas le scandale du siècle, mais ce n'est pas une raison pour être imprécis. Question de crédibilité. Les informations que je rapporte sont reprises de brefs articles parus au mois de mars dans le Canard enchainé, le Parisien et le site de France 3. J'aimerais bien mettre la main sur le texte officiel de référence mais je n'y suis pas parvenu. Si quelqu'un a cette info...

dimanche 1 avril 2007

Culottés, nos députés !

Nos représentants nationaux se sont votés en 2003 une loi passée à peu près inaperçue prolongeant la durée de leurs indemnités en cas de non-réélection. Ce dispositif sera donc mis en oeuvre pour la première fois cette année, après les législatives. Jusqu'à présent un député sortant pouvait toucher pendant 6 mois une allocation de retour à l'emploi de 5400 euros brut, le temps pour lui de se réinsérer dans la vie active. Dorénavant, il aura droit en plus à une indemnité dégressive... pendant 5 ans, autant dire la durée d'un mandat ! 70% le deuxième semestre, 60 % le troisième, 50% le quatrième puis 45%, 40% et ainsi de suite pour les semestres suivants jusqu'à 20 % soit 1080 euros brut. Cette mesure est financée par une cotisation égale à 0,5% du traitement de base. Pas mal comme système, non ?

Tous ça à condition de ne pas avoir le statut de fonctionnaire. Donc, si je comprends bien, imaginons qu'Olivier Besancenot soit élu à l'assemblée en juin prochain et perde son siège 5 ans plus tard. Pour lui, ce sera retour direct à la Poste de Neuilly et à ces 1400 euros net par mois !

Alors qu'il est question de remettre en cause tous les régimes spéciaux et de s'attaquer aux "privilèges" supposés des petits, je ne suis pas sûr que cela montre l'exemple.

Je précise que ce n'est pas un poisson d'avril !