Puisque l'heure est à l'idolâtrie sarkozyste, blairiste, merkelienne voire bushiste (!), j'ai eu envie de faire un rapide plaidoyer en faveur des valeurs de la Gauche (qu'on a tendance à oublier ces temps-ci) en les comparant avec celles de la Droite (mais aussi d'une certaine "gauche") libérale. Les différences parlent d'elles-mêmes.
Les impôts (sur le revenu, la fortune, les successions). Pour la droite, ils sont confiscatoires. Pour la gauche, redistributeurs.
Les marchés. Pour la doite, ils doivent être libéralisés en toute circonstance. Pour la gauche, ils doivent être régulés.
L'Etat. Pour la droite, il est répressif et régalien (justice, police, armée). Pour la gauche, il est le garant de la solidarité nationale, protecteur et régulateur.
Les valeurs fondatrices. Pour la doite, ce sont les libertés au pluriel. Pour la gauche, la liberté (au singulier) bien sûr mais aussi le souci de l'égalité.
La TVA. Pour la doite, c'est l'impôt le plus juste. Pour la gauche, le plus inégalitaire.
Les services publics. Pour la doite, ils sont inefficaces par nature. Pour la gauche, ils sont essentiels car ils participent à la redistributions des richesses.
L'obession. Pour la doite, la rentabilité. Pour la gauche, la justice sociale.
Quelles conséquences tirer de ce rapide tour d'horizon ? Quand la doite est forte, on assiste à la concentration des richesses au sommet de la pyramide sociale avec à la clef une société très inégalitaire et le recul des classes moyennes (le sablier). En revanche, avec la gauche, la société se caractérise par l'importance justement des classes moyennes (le losange).
Au final, quelle société préférez-vous: celle du sablier ou celle du losange ? J'ai fait mon choix. Et vous ?
lundi 3 décembre 2007
jeudi 18 octobre 2007
Se poser les bonnes questions
Aujourd’hui, journée de grève nationale. Ce sont principalement les cheminots qui bloquent le pays pour sauver ce qui peut l’être de leur régime de retraite. Comme les fonctionnaires en 2003 et comme beaucoup en 95 d’ailleurs... Mais la réforme est plus large puisqu’elle concerne plus d'une centaine de régimes spéciaux à l’exception sûrement de celui des parlementaires... Comme c’est compliqué, on livrera en pâture à l’opinion les cheminots et on s’appuiera sur leur cas particulier –par tous les médias interposés- pour démontrer le bien-fondé de la démarche générale. Le pire, c’est que cela fonctionne. Après les réformes du régime général et celle du régime des fonctionnaires, l’opinion considèrent dorénavant les bénéficiaires de régimes spéciaux comme des « privilégiés animés de revendications purement corporatistes ». Ce n’était pas le cas, il y a peu. Bref, l’opinion rabâche la presse. La messe est dite. Logique imparable, vous en conviendrez, puisqu’une fois que tout le monde a reculé, ceux qui résistent encore sont jalousés, enviés, montrés du doigt etc... C’est comme ça, on n'y peut rien, les foules aiment les boucs émissaires. Ce qu’on oublie dans l’histoire, c’est qu’une fois cette affaire réglée, on pourra remettre le couvert, puis s’attaquer de nouveau au régime général puis aux fonctionnaires et ainsi de suite car d'évidence, rien n'est réglé. En outre, le débat est biaisé depuis le début par des gouvernements qui prennent soin de tronçonner leurs réformes pour mieux invoquer l’équité par la suite. Ce qui empêche de se poser la bonne question. Au lieu de se demander pourquoi ILS travaillent moins, il faudrait plutôt se demander pourquoi NOUS travaillons plus. Quant à l’opinion, il faudrait lui enseigner tout le sens que le terme « privilégiés » revêtait pour les révolutionnaires de la nuit du 4 août. S’ils revenaient parmi nous, je doute qu’ils voient les « privilèges » où l’opinion les cherche aujourd’hui. Enfin peu importe, trente années de pensée unique sont passées par là. Ce n’est pas moi qui vais réussir à ébranler les convictions du mouton heureux de se faire tondre.
J’espère que cette mobilisation sera un succès malgré l’annonce du divorce des Sarkozy qui ne manquera pas d’éclipser les manifestants venus battre le pavé -Remarquez, il nous avait promis la rupture, on l’a ! - Parce que j’en ai assez de ces politiques qui nous montent les uns contre les autres. Le « diviser pour mieux régner» a atteint un degré d’efficacité redoutable de nos jours. Les salariés du bas de l’échelle en sont réduits à se battre comme des chiffonniers parce qu’on leur fait croire qu’ils faut encore « faire des efforts » pour sauver notre « modèle social ». Non seulement c’est toujours aux mêmes que l’on demande des efforts (15 milliards de cadeaux fiscaux aux plus riches, dois-je le rappeler) mais surtout cela fait belle lurette que la fin de notre fameux modèle social est programmée et sa faillite minutieusement organisée. En matière de retraites, il est clair que le système par répartition sera bientôt remplacé par un système par capitalisation, bien plus lucratif pour les institutions financières.
Ce qui me désole, c’est que des efforts de ce type concernant TOUTE la société seraient tout à fait légitimes si notre pays s'était appauvri lors des dernières décennies. Or il n’en est rien. Etat endetté n'est pas synonyme de pays pauvre. Année après année, et quoi qu’on en dise, ce pays produit plus de richesses. La productivité bat des records. Combien de fois la France est-elle plus riche que dans les années 50 ? 2 fois, 4 fois plus riche ? Le solde de la croissance n’est-il pas largement positif par rapport à la situation d’il y a 60 ans ? Et ce pays ne pourrait plus se permettre de financer son système de retraite ou sa sécurité sociale ? Comment ne pas voir qu’au nom de la suppression des prétendus privilèges des salariés les mieux protégés, on veut accroître ceux des possédants ? Si la France a un problème, ce n’est pas celui du financement des retraites, c’est celui de la répartition des richesses. « Toujours moins aux salariés, toujours plus aux rentiers » devrait remplacer notre devise nationale, devenue indigne d’un pays comme la France.
Pour conclure, je laisse la parole à Denis Kessler, ancien vice-président du Medef, qui livre son analyse sur les réformes actuelles dans un article de Challenge daté du 4 octobre 2007 :
« Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...
A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »
Longue vie aux privilégiés ! Amen.
J’espère que cette mobilisation sera un succès malgré l’annonce du divorce des Sarkozy qui ne manquera pas d’éclipser les manifestants venus battre le pavé -Remarquez, il nous avait promis la rupture, on l’a ! - Parce que j’en ai assez de ces politiques qui nous montent les uns contre les autres. Le « diviser pour mieux régner» a atteint un degré d’efficacité redoutable de nos jours. Les salariés du bas de l’échelle en sont réduits à se battre comme des chiffonniers parce qu’on leur fait croire qu’ils faut encore « faire des efforts » pour sauver notre « modèle social ». Non seulement c’est toujours aux mêmes que l’on demande des efforts (15 milliards de cadeaux fiscaux aux plus riches, dois-je le rappeler) mais surtout cela fait belle lurette que la fin de notre fameux modèle social est programmée et sa faillite minutieusement organisée. En matière de retraites, il est clair que le système par répartition sera bientôt remplacé par un système par capitalisation, bien plus lucratif pour les institutions financières.
Ce qui me désole, c’est que des efforts de ce type concernant TOUTE la société seraient tout à fait légitimes si notre pays s'était appauvri lors des dernières décennies. Or il n’en est rien. Etat endetté n'est pas synonyme de pays pauvre. Année après année, et quoi qu’on en dise, ce pays produit plus de richesses. La productivité bat des records. Combien de fois la France est-elle plus riche que dans les années 50 ? 2 fois, 4 fois plus riche ? Le solde de la croissance n’est-il pas largement positif par rapport à la situation d’il y a 60 ans ? Et ce pays ne pourrait plus se permettre de financer son système de retraite ou sa sécurité sociale ? Comment ne pas voir qu’au nom de la suppression des prétendus privilèges des salariés les mieux protégés, on veut accroître ceux des possédants ? Si la France a un problème, ce n’est pas celui du financement des retraites, c’est celui de la répartition des richesses. « Toujours moins aux salariés, toujours plus aux rentiers » devrait remplacer notre devise nationale, devenue indigne d’un pays comme la France.
Pour conclure, je laisse la parole à Denis Kessler, ancien vice-président du Medef, qui livre son analyse sur les réformes actuelles dans un article de Challenge daté du 4 octobre 2007 :
« Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...
A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »
Longue vie aux privilégiés ! Amen.
mardi 18 septembre 2007
Terry Pratchett, « La science du Disque-Monde », L’Atalante, 2007 (pour la traduction française)
Il y a les petites questions, les questions moyennes et les grandes questions. Ensuite, il y a les questions plus grandes encore, les questions immenses, et les questions si vastes qu’il est même difficile d’imaginer quel type de réponse constituerait une solution.En général, les petites questions se reconnaissent aisément : elles ont l’air atrocement compliquées. Comme : « Quelle est la structure moléculaire de l’isomère L du glucose ? » A mesure qu’elles grossissent, leur formulation se simplifie de façon trompeuse : « Pourquoi le ciel est-il bleu ? » Les interrogations vraiment immenses sont si enfantines qu’il paraît ahurissant que la science n’ait pas la première idée de la réponse : « Pourquoi l’univers ne marche-t-il pas à l’envers ? » ou « Pourquoi le rouge est-il rouge ? »
Imaginez un monde plat et circulaire, porté par quatre éléphants juchés sur une gigantesque tortue qui parcoure le cosmos, un monde régi par la magie, qui fonctionne au narrativium –une substance bigrement puissante-, et vous obtenez un univers parfaitement cohérent où vivent des gens « qui possèdent un solide bagage de bon sens, un des ennemis naturels de la science ».
C’est sur ce Disque-Monde que les mages de la prestigieuse Université de l’Invisible vont prendre part à une expérience tout à fait insolite, la création d’un monde courbe, dénué de narrativium, où la magie n’a pas cours, et où les choses semblent se produire « parce qu’elles le veulent » ! Bref, un univers insensé qui obéit à des « règles » et où « les souhaits des gens n’interviennent guère dans la marche des évènements ».
A travers leur omniscope, les mages incrédules décident de scruter le développement complètement absurde de ce Globe-Monde, la Terre...
Ce livre se situe en marge des « Annales du Disque-Monde », une suite de romans parodiques de Fantasy. Il alterne récit et vulgarisation scientifique de très bonne tenue sur un ton décalé et humoristique.
« - Vous savez, ce programme nous en apprend certainement beaucoup, dit Ridculle. Mais surtout qu’on doit être reconnaissants de vivre sur un monde normal. »
Les chapitres scientifiques, rédigés par Ian Stewart (mathématicien) et Jack Cohen (biologiste), nous parlent de physique des particules et de mécanique quantique, de l’origine de l’univers et de la relativité, de l’apparition du vivant, de l’ADN et de l’évolution des espèces, des grandes extinctions et des dinosaures, de l’homme, du cerveau et de l’esprit jusqu’aux défis que posent l’exploration spatiale...
L’occasion pour tout un chacun de faire le point sur les connaissances les plus actuelles dans de nombreux domaines et de dissiper (selon l’expression des auteurs) un bon nombre de « mensonges pour enfants » qui perdurent souvent à l’âge adulte.
samedi 15 septembre 2007
Karcher, partenaire des journées du patrimoine
Cela fera sûrement plaisir au Président Sarkosy.
Pour ceux que le sujet intéresse, cliquez ici.
Merci Alain
jeudi 13 septembre 2007
Un Dauphin en cour carrée
Le week-end dernier, pour célébrer le centenaire du premier vol vertical, la Marine Nationale a fait attérrir un "Dauphin" dans la cour carrée du Louvre. Il s'agit d'un hélicoptère de dernière génération utilisé dans les missions de Service Public, notamment les sauvetages en mer.

Le PDG du Louvre, Henri Loyrette était à bord de l'appareil, ce qui lui a valu cette petite dédidace.

C'est en 1907 que les premiers essais furent conduits en France par Paul Cornu à Coquainvilliers, Louis Breguet à Douai et Maurice Léger à Marchais.
Une maquette du prototype de Paul Cornu était également exposé.
Le PDG du Louvre, Henri Loyrette était à bord de l'appareil, ce qui lui a valu cette petite dédidace.
C'est en 1907 que les premiers essais furent conduits en France par Paul Cornu à Coquainvilliers, Louis Breguet à Douai et Maurice Léger à Marchais.
jeudi 6 septembre 2007
Anselm fait « kiffer » le Louvre
Depuis Georges Braque en 1953, Anselm Kiefer est le second artiste contemporain à qui le Louvre commande un décor permanent. Sacrée distinction !
L'artiste allemand réalisera donc une peinture monumentale sur le thème des constellations et des rites funéraires, qui ornera bientôt l’escalier égyptien de la Colonnade (à l’angle nord-est de la cour carrée). Elle sera dévoilée le 25 octobre prochain.
En attendant, pour vous faire une idée de l’oeuvre d’Anselm Kiefer (légèrement déprimante à mon goût) cliquez ici.
Loin de moi l'intention de critiquer le Louvre pour avoir sollicité l’intervention d’un artiste vivant au sein de l’illustre palais, même si je n’aime pas particulièrement l’art contemporain. En outre, il est vrai que le palais du Louvre a toujours constitué un cadre privilégié pour les commandes de décors peints et sculptés.
Cela dit, ce genre d’évènement ne s’étant plus produit depuis un demi-siècle, il est légitime de s’interroger sur l’image que le musée souhaite véhiculer.
En effet, le Louvre n’en finit pas de vouloir se détacher de son image de musée d’art classique, jugée trop vieillotte... quitte à parfois carrément verser dans le mauvais goût !
J’en veux pour preuve le nouveau visuel de la carte Louvre Jeune (que je conseille, au passage, vivement au moins de 26 ans) commandé à Françoise Quardon où l’ « artiste » s’est elle-même mise en scène.
Après l’art contemporain, le Louvre aurait-il l’intention désormais de s’ouvrir à la Fantasy de pacotille ?

L'artiste allemand réalisera donc une peinture monumentale sur le thème des constellations et des rites funéraires, qui ornera bientôt l’escalier égyptien de la Colonnade (à l’angle nord-est de la cour carrée). Elle sera dévoilée le 25 octobre prochain.
En attendant, pour vous faire une idée de l’oeuvre d’Anselm Kiefer (légèrement déprimante à mon goût) cliquez ici.
Loin de moi l'intention de critiquer le Louvre pour avoir sollicité l’intervention d’un artiste vivant au sein de l’illustre palais, même si je n’aime pas particulièrement l’art contemporain. En outre, il est vrai que le palais du Louvre a toujours constitué un cadre privilégié pour les commandes de décors peints et sculptés.
Cela dit, ce genre d’évènement ne s’étant plus produit depuis un demi-siècle, il est légitime de s’interroger sur l’image que le musée souhaite véhiculer.
En effet, le Louvre n’en finit pas de vouloir se détacher de son image de musée d’art classique, jugée trop vieillotte... quitte à parfois carrément verser dans le mauvais goût !
J’en veux pour preuve le nouveau visuel de la carte Louvre Jeune (que je conseille, au passage, vivement au moins de 26 ans) commandé à Françoise Quardon où l’ « artiste » s’est elle-même mise en scène.
Après l’art contemporain, le Louvre aurait-il l’intention désormais de s’ouvrir à la Fantasy de pacotille ?

Ce "visuel" s'inspire du tableau d'Otto Marseus van Schrieck, "Serpents et papillons dans un sous bois".

mardi 4 septembre 2007
Affluence de folie, 50''
Cet été au Louvre. Cela se passe de commentaires...
Le célèbre musée parisien a reçu l'an dernier 8,3 millions de visiteurs, contre 7,5 millions en 2005, selon les estimations réalisées en interne.
Le Louvre est ainsi le musée "le plus fréquenté en France et dans le monde", comme le souligne la Direction de l'établissement.
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